Actualités

1999

Addthis
Palais Royal de Rabat, 23 Juillet 1999. S.M Hassan II, qui a régné sur le Maroc depuis 38 ans est décédé quelques heures auparavant à l’hôpital, et le Royaume Chérifien  s’apprête à introniser son successeur, Mohammed Ben Hassan, âgé de  36 ans. La porte du palais est encombrée de voitures officielles et deux stations-régies de la Télévision nationale Marocaine s’apprêtent à retransmettre, dans quelques heures, la cérémonie d’allégeance au nouveau Roi.
Dans l’après midi, l’annonce de la mort de Hassan II a plongé le pays dans la torpeur, et la première sortie de Mohammed Ben Hassan, accompagné de son frère, S.A.R le prince Moulay Rachid, sur l’esplanade du Méchouar de Rabat, a donné lieu à des scènes poignantes où la population, incrédule, est venue souhaiter bonne chance à son jeune Roi.
Après les funérailles de S.M Hassan II, auxquelles assistent des représentants de plus de 60 pays ainsi que deux millions de marocains, Mohammed VI a le souci de préserver les traditions séculaires de la dynastie alaouite, socle de l’unité nationale,  tout en insufflant lors de son premier discours sa volonté de pousser plus avant les réformes du champ social, son souhait de voir les femmes occuper la place qu’elles méritent, ainsi que sa détermination à engager le pays dans un développement solidaire et durable.
Aux paroles se sont succédés très rapidement les gestes, et peu après sa montée sur le trône le 30 Juillet 1999, S.M Mohammed VI prend plusieurs initiatives fortes, à commencer par l’autorisation accordée aux anciens opposants politiques de retourner dans le Royaume. Le plus emblématique de ces opposants, Abraham Sarfaty, suite à des négociations secrètes avec le conseiller Royal André Azoulay, reviendra au Maroc  deux mois jour pour jour après l’intronisation du roi, le 30 Septembre 1999. Peu de temps après, la famille de Mehdi Ben Barka lui emboitera le pas.
Cette étape est capitale dan la transition que connaît le Maroc en cette fin 1999, car le retour des opposants politiques permet de solder un différend de plusieurs décennies, et de démarrer ce nouveau règne sous le signe  de l’apaisement.
Autre mesure importante, la réhabilitation quasi immédiate des provinces du nord du royaume, qui verront une tournée royale à la signification symbolique importante, puis l’annonce d’un plan de développement économique ambitieux. Au niveau politique, l’année 99 est marquée par le renouvellement de la confiance au gouvernement d’alternance conduit par Abderrahmane Youssoufi, mais également par le remplacement de Driss Basri, ministre de l’intérieur depuis plus de vingt ans, après avoir longtemps cumulé le portefeuille de l’information. Le Départ de Basri, tout autant que la confiance renouvelée à Youssoufi, portent la marque de fabrique du nouveau roi du Maroc : le souci d’ancrer dans la modernité le lien qui unit la nation à son roi, et de prendre à bras le corps les questions liées aux libertés publiques et à la lutte contre les inégalités.
Addthis