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2000

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Après des premières décisions à la portée symbolique lourde, le Souverain travaille à la modernisation du Royaume, la poursuite de la dynamique engagée et à l’ouverture de l’espace public. Au-delà de ces éléments, lors de cette première année du millénaire, c’est indiscutablement le style du Souverain qui fait l’objet de toute l’attention des marocains et des médias.
Mohammed VI, « Roi des pauvres » comme aime à l’appeler la presse nationale et internationale, est la star des médias. Le Souverain s’affirme dans sa fonction de Roi et fait la couverture du célèbre hebdomadaire américain « Time » titrant pour l’occasion « The Cool King ». Un reporter d’un grand quotidien anglo-saxon, venu couvrir des activités royales, s’étonne : à chaque arrivée du convoi royal dans une ville ou un village, celui-ci est applaudi comme lors du passage d’une « rock star », les jeunes ont adopté le look de leur Roi, coupe de cheveux courte, lunettes de soleil et ajoute-il, il parait que même Abraham Serfaty, ancien opposant rentré d’exil un an plus tôt, sourit lorsqu’il entend « M6 ». Le Souverain, qui sait que les premières années de règne sont décisives, et après avoir pris le pouls de la Nation en la parcourant, veut agir vite et opérationnaliser la feuille de route tracée en 1999.
Or, sur certains dossiers capitaux, certains réflexes conservateurs refont surface, notamment lors de la décision de l’élévation de l’âge légal du mariage pour la Femme. Ce débat mobilise les marocains et attise les passions, d’un extrême à l’autre de l’échiquier des sensibilités. Après plusieurs manifestations d’envergure des partisans et opposants à cette réforme, l’Etat garde néanmoins le cap et la maintient. L’économie, pendant longtemps structurellement connectée à la pluviométrie,  est en pleine évolution, mais reste relativement fébrile, surtout que le patronat reproche au gouvernement d’alternance, dirigé par le socialiste Abderrahmane Youssoufi, d’avoir laissé filer les déficits et de ne pas avoir réformé une administration couteuse, pléthorique et souvent inefficace.
La classe politique marocaine est prise de vitesse  par l’énergie et le dynamisme du jeune Souverain qui multiplie les visites officielles : France, Egypte, Espagne, Etats-Unis, Italie, Tunisie, Emirats, Qatar. Outre ses obligations officielles, Le roi adresse régulièrement des messages aux communautés marocaines à l’étranger, ravies de voir arriver ce jeune dirigeant à leur rencontre.
Cette volonté de porter haut la voix du Royaume ne laisse pas insensible à l’étranger. Sa Majesté Mohammed VI, reçoit symboliquement à Madrid les clefs de la capitale espagnole, et il est distingué au Etats-Unis et fait docteur Honoris Causa par l’université Georges Washington. A cette occasion, les principes de ce qui deviendra le nouveau concept d’autorité sont énoncés par le Souverain : « l'art de gouverner et l'éthique, qui doit le fonder et le sous-tendre, sont au centre de mes préoccupations ».
Sur le front intérieur, le roi pose les jalons des réformes qui se dessineront dans les prochaines années : intégrité territoriale, messages appuyés aux acteurs économiques, aux corps militaires, aux représentants religieux, réparation des injustices des années de plomb, droits de la femme, création d’un prix des droits de l’Homme, rayonnement culturel et scientifique, relance des travaux de l’Académie du Royaume...
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