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L’énergie, un secteur en pleine évolution
Vecteur du développement économique et social, le secteur de l’énergie occupe une place importante dans l’économie marocaine. Il fait partie des grands chantiers de réforme que connait le Maroc sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.
En effet, durant les dix dernières années, le Maroc a réalisé des avancées considérables dans la réforme de son secteur énergétique. Il a pris des orientations stratégiques visant à mettre à niveau le secteur énergétique du pays selon une nouvelle vision prospective et ambitieuse. L’encouragement de l’initiative privée, la mobilisation des ressources renouvelables dans la satisfaction des besoins, la promotion de l’efficacité énergétique ou encore l’intégration de la protection de l’environnement sont autant d’éléments structurant cette nouvelle vision du secteur.
 Durant les dix dernières années, la consommation énergétique a connu une forte augmentation : + 41,24 %, ce qui représente un taux moyen annuel d’évolution de 4,4 %. Ainsi, à fin 2007, la consommation énergétique totalisait 13,7 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep), contre 9,7 millions de Tep en 1999. Cette consommation est couverte à 97,3% par des importations.
Les produits pétroliers représentent près de 60% de la consommation nationale en énergie primaire. La consommation nationale en produits pétroliers est passée de 6,71 millions de tonnes en 1999 à 8,06 millions de tonnes en 2007 et serait de 9,07 millions de tonnes en 2008 (estimation), soit une hausse annuelle moyenne de 3,7 % depuis 1999.
Au niveau de la structure de consommation des produits pétroliers, les parts relatives du gasoil et du propane ont augmenté de plus de 4%, principalement au détriment du fuel-oil (-9%).
L’énergie électrique nette a, quant à elle, progressé de 70,46%, passant de 13.264 GWh en 1999 à 22.608 GWh en 2007 (soit un taux de croissance moyen annuel de 6,9%). La couverture de la demande en électricité est assurée à 85% par la production locale et 15% par les importations. La production locale se répartit entre le thermique, l’hydraulique et l’éolien à respectivement de 92%, 7% et 1%.
Le Maroc a mis en œuvre un programme d’électrification rurale qui a permis à 1.843.183 foyers d’avoir accès à l’électricité, portant ainsi le taux d’électrification rurale (TER) de 39% en 1999 à 95% en 2007. A fin 2008, le TER devrait atteindre 98%.
 Source : Office National de l’Electricité
Les investissements réalisés dans le cadre de ce programme s’élèvent à 16,58 MDH. Ce programme d’électrification rurale s’est accompagné d’une diffusion de services énergétiques de proximité dans le monde rural par la promotion de micro-entreprises, les Maisons Energie.
Les services offerts par les Maisons Energie sont très variés : approvisionnement en gaz butane, travaux d’installation et d’entretien, commercialisation d’équipements et d’accessoires électriques et produits, service après-vente, promotion de programmes énergétiques…
Secteur à dominante monopolistique et publique jusqu’à la fin des années 90, l’énergie s’ouvre progressivement à l’initiative et au financement privés. Depuis l’année 2000, des opérateurs privés assurent prés de 60% de la production d’électricité dans le cadre de contrats exclusifs de long terme avec l’ONE.
De même, la distribution de l’électricité dans les villes de Casablanca, Rabat, Tanger et Tetouan, soit une part de 55%, a été concédée à des sociétés privées.
Par ailleurs, le seuil de l’autoproduction a été porté en juillet 2008, de 10 MW à 50 MW, ce qui permet aux industries à forte intensité énergétique de lancer des projets de production d’électricité pour leurs besoins propres.
Sur le plan opérationnel, le programme EnergiPro de l’ONE définit des conditions avantageuses de transit de l’énergie produite, exclusivement par une source renouvelable, entre les points de production et de transport et garantit le rachat de l’excédent non consommé.
De même, les activités de distribution et de raffinage des produits pétroliers sont libéralisées, le raffinage ayant bénéficié d’une protection temporaire des importations jusqu’à fin 2008.
Les énergies renouvelables prennent progressivement place dans le portefeuille énergétique marocain.
 En effet, durant les dix dernières années, ont été mis en service les deux premiers parcs éoliens, Abdelhalek Torrès (Tetouan) et Amogdoul (Essaouira), de puissance respective 50 MW et 60 MW ;
L’énergie solaire, quant à elle, a connu différentes applications : production d’électricité : mise en service de la première centrale photovoltaïque d’une puissance de 50 MW à Tit Mellil, lancement de la construction de la première centrale thermo-solaire à Ain Beni Mathar ; électrification rurale : 48.837 foyers dans des douars isolés ou à habitat dispersé ont été électrifiés par kits photovoltaïques dans le cadre du PERG ;production d’eau chaude : 200 000 m² de chauffes eau solaires ont été installés en 2007.
Par ailleurs, le Maroc a valorisé le gaz naturel de redevance du GME, ce qui a permis d’introduire à Tahaddart, près de Tanger, une nouvelle filière de production d’électricité, plus efficiente que les existantes et moins polluante, le cycle combiné.
Sur le plan réglementaire, la structure institutionnelle a été mise en place. Elle consiste en la transformation du Centre de Développement des Energies Renouvelables en Agence de Développement de Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique et en la création d’un fonds de garantie de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables (FOGEER). Ce Fonds, géré par Dar Addamane, assure la couverture du financement des projets d'efficacité énergétique ou ceux mobilisant des énergies renouvelables.
La protection de l’environnement est progressivement prise en compte dans les choix énergétiques.
Ainsi, à partir de l’année 2009, deux carburants, uniquement, sont commercialisés : le gasoil 50 ppm de soufre et le supercarburant sans plomb, ce qui permettra de réduire les émissions atmosphériques de 760 tonnes de plomb/an et 54.000 tonnes de soufre/an.
De même, depuis la fin des années quatre-vingt dix, l’ONE réalise systématiquement des études d'impact environnemental pour tous les projets de production et de transport de l’électricité, sur la base du référentiel de normes recommandées par la Banque Mondiale et l'Union Européenne.
L’Office a lancé également la réalisation du projet d'amélioration des performances des tranches à charbon de la centrale thermique de Mohammedia et de leur impact sur l'environnement. Ce projet vise la réduction des rejets atmosphériques, gaz et poussières, pour être conforme aux normes internationales, la récupération et valorisation des cendres au lieu de leur rejet en mer. Enfin, la future centrale thermique de Safi utilisera la technologie du charbon propre.
Grâce à un nouveau code des hydrocarbures, adopté en février 2000, jugé très attractif par l'industrie pétrolière internationale, l’exploration pétrolière au Maroc a connu un afflux sans précédent de sociétés pétrolières internationales, dont le nombre s’élève actuellement à 29 contre 8 en 1999.
Le nombre de permis de recherche est ainsi passé de 5 permis en 1999 à plus de 110 permis actuellement, couvrant une superficie de 196.386 km², dont 41% en offshore. En plus des permis, le domaine minier portant sur la recherche pétrolière comporte 7 autorisations de reconnaissance couvrant 128.183 km² et 10 concessions d’exploitation couvrant une superficie de 117,36 km².
La création en 2005 de l’Office National des Hydrocarbures et des Mines (ONHYM), par la fusion du BRPM et de l’ONAREP, a également contribué à ce développement de la prospection par l’étude en amont et la promotion des bassins sédimentaires.
      Source : Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement
Pour répondre aux enjeux de l’avenir, une nouvelle stratégie énergétique a été élaborée, dans le cadre d’une vision prospective claire et sur la base d’options technologiques et économiques réalistes. Elle a été conçue avec l’appui des experts nationaux et internationaux, grâce au financement du Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social. Elle a également fait l’objet de concertations avec l’ensemble des acteurs du secteur.
Cette stratégie se traduit en plans d’actions thématiques, concrets et réalisables à court, moyen et long termes, accompagnés de mesures organisationnelles et réglementaires permettant de donner la visibilité nécessaire aux opérateurs.
 Un Plan National d’Actions Prioritaires dans le secteur électrique est mis en œuvre depuis le 15 avril 2008. Il vise à rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité durant la période 2008 - 2012. Les dispositions retenues prévoient d’une part, le renforcement de l’offre par la construction de nouvelles capacités de production et d’autre part, l’amélioration des dispositifs d’efficacité énergétique.
A court et moyen termes, le charbon, en raison de sa compétitivité et de son abondance, constituera le cœur du mix électrique, tout en optimisant les ressources en gaz disponibles, les apports de l'éolien et de l’hydroélectricité ainsi que le recours aux interconnexions euro-méditerranéennes.
En cas d'accès économique et sécurisé, le gaz sous sa forme de gaz naturel et/ou de gaz naturel liquéfié pourrait, en 2030, représenter 30% des combustibles utilisés pour la production électrique au lieu de 4% aujourd'hui en se substituant au charbon et au fuel dont les parts respectifs baisseraient de 34% à 19% et de 24% à 8%.
A l’horizon 2020-2030, au fur et à mesure de la confirmation de leur faisabilité économique et technique, l’électronucléaire, les centrales aux schistes bitumineux, le solaire de puissance et la biomasse occuperont une place importante dans le bouquet électrique.
D’ici 2012, la part des énergies renouvelables devrait représenter près de 10% du bilan énergétique et près de 20 % de la puissance électrique installée en mettant en service de nouvelles centrales totalisant 1440 MW en éolien et 400 MW en hydroélectricité et en déployant 400.000 m2 de panneaux solaires nouveaux.
La puissance hydroélectrique installée sera portée de 1.730 MW actuellement à 2.700 MW par la construction de nouveaux barrages et stations de transfert d’énergie par pompage.
Considérée comme une révolution énergétique à la fois par les changements technologiques et de comportement sociétal qu'elle implique, l’efficacité énergétique permettra au Maroc de réaliser des économies d'énergie de 15% en 2020 et de prés de 25% en 2030.
Cet objectif sera atteint :
-  dans l’industrie, en systématisant les diagnostics et les audits énergétiques pour éviter toute perte d’énergie dans les chaînes de production modernisées et performantes, en recourant à la cogénération et aux énergies alternatives.
-  dans les transports, en rajeunissant le parc par des véhicules économes en carburants, en développant et modernisant les transports collectifs pour réduire l’usage des voitures individuelles.
-  dans les bâtiments de tous genres, en y intégrant l’ensemble des dispositifs d’efficacité énergétique tels que orientation, isolation, chauffe-eau solaire et en éduquant les usagers à rationaliser l’utilisation de l’énergie.
Conscient de l’importance stratégique du secteur de l’énergie et de son rôle moteur dans le développement socio-économique du pays, le Maroc vient d’initier la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, une grande réforme énergétique prospective, ambitieuse et très engagée.

