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Santé : grandes réformes structurelles pour l'équité de l'offre des soins

Durant la décennie passée, quatre chantiers de réformes ont été lancés pour diversifier l’offre de soins, améliorer la qualité des prestations et étendre la couverture géographique. Il s’agit de la réforme du financement de la santé, la réforme hospitalière, la réforme institutionnelle et la réforme budgétaire.
La mise en Å“uvre de toutes ces réformes s’est accompagnée d’une amélioration notable en matière d’offre de soins à l’échelon national en termes d’infrastructures de base et hospitalière, d’encadrement médical et paramédical et d’équipements des établissements de santé.Â
Le plan d’action quinquennal 2008-2012 dans le domaine de la santé vise à consolider les acquis en matière de lutte contre les maladies à potentiel épidémique, à renforcer les capacités de détection et de riposte aux maladies émergentes et ré-émergentes en vertu de l’entrée en vigueur du nouveau Règlement Sanitaire International (RSI 2005) et à s’adapter aux nouveaux enjeux, le vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques, et aux risques sanitaires liés au changement climatique et à la qualité de l’environnement.
Les progrès en matière de réduction de la mortalité précoce et évitable ont été obtenus grâce à l’extension des soins de santé de base (SSB), tels que l’augmentation de la couverture vaccinale, de la prévalence contraceptive, de l’utilisation de la réhydratation orale, etc.
Un plan d’action d’accélération de la réduction des mortalités maternelle et infantile, pour atteindre l’objectif de 50 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes et 15 décès infantiles pour mille d'ici l’an 2012 vient d’être mis en place. Il comprend trois axes : la réduction des barrières d’accès aux soins obstétricaux et néonatals et amélioration de la disponibilité d’un personnel qualifié dans les structures d’accouchement ; l’amélioration de la qualité de la prise en charge de la grossesse et de l’accouchement et des complications obstétricales et l’amélioration du pilotage du programme de lutte contre la surmortalité maternelle et infantile
Une politique spécifique de lutte contre les maladies non transmissibles a dû également être définie. Elle est déclinée en plans d’actions sectoriels pour la période 2008-2012 qui concernent notamment le cancer, le diabète, l’insuffisance rénale terminale, les maladies cardiovasculaires et la santé mentale.
Sur un autre registre, la déconcentration permet d’accélérer la prise de décision pour répondre aux besoins locaux et de recentrer l’administration nationale sur un rôle stratégique de définition de politiques publiques.
Dans ce cadre, la création en septembre 2008 de Directions Régionales de Santé (DRS) dotées d’unités spécialisées constitue un saut important vers plus de proximité et de réactivité. Les unités régionales s’occuperont de la surveillance épidémiologique et la veille sanitaire ; l’approvisionnement en médicaments et produits pharmaceutiques ; la gestion prévisionnelle des ressources humaines et la protection de la santé et de sécurité au travail pour les professionnels de la santé ; l’allocation des ressources budgétaires aux délégations relevant de la DRS ; la maintenance des équipements biomédicaux ; la communication et l’éducation sanitaire.
Cette création dote les Régions d’un interlocuteur, habileté à prendre des décisions concertées avec les autres départements ministériels et avec les intervenants locaux en particulier les élus et les ONG. Elle assure une coordination des services de santé à l’échelle régionale
En outre, de nouvelles pratiques managériales ont été introduites : budgets-programmes régionaux triennaux, schémas régionaux d’offre de soins, projets d’établissement hospitaliers, gestion de la maintenance du patrimoine immobilier et des équipements ….
Cette dynamique vertueuse mérite un renforcement par la visibilité des domaines projetés du partenariat et la transparence des démarches et procédures. La création de Directions Régionales de Santé offre à juste titre le cadre idoine de la concertation et de la mutualisation pour que la synergie escomptée ne soit plus un vœu pieux mais un dessein réaliste et réalisable.
Une loi sur le système de santé et l’offre de soins est en cours de finalisation. Parmi les composantes essentielles de cette loi, figurent la carte sanitaire et le schéma régional de l’offre de soins. L’adoption et la disponibilité de ces outils joueront un rôle primordial dans la régulation de l’offre de soins et donc dans la répartition équitable de cette offre à l’échelon national (entre les régions) et au sein de chaque région. Â
Dans le cadre de la mise en œuvre de cette loi, une nouvelle démarche de planification de l’offre de soins sera adoptée afin de disposer d’un outil scientifique de projection des besoins en offre de soins d’ici 2020 et d’un système d‘information géographique (SIG)
Par ailleurs, la mise en œuvre de la Couverture Médicale de Base (CMB) a été instituée par la loi 65-00 portant code de la CMB, promulguée par le Dahir 1-02-296 du 3 octobre 2002 et publiée au Bulletin Officiel du 21 novembre 2002.
Cette loi institue un système de CMB comprenant : un régime d’assurance maladie obligatoire (AMO) fondé sur le principe contributif et sur celui de la mutualisation des risques ; un régime d’assistance médicale (RAMED) fondé sur les principes de l'assistance sociale et de la solidarité nationale au profit de la population démunie.
En effet, depuis son entrée en vigueur en août 2005, l’AMO bénéficie aux salariés actifs et pensionnés des deux secteurs public et privé avec deux organismes gestionnaires : la CNOPS pour le régime des fonctionnaires et agents du secteur public et la Caisse nationale de Sécurité Sociale (CNSS) pour les salariés du secteur privé. En 2008, la population couverte par l’AMO représente 17% de la population nationale et le taux de couverture médicale s’élève à 26,5%.
La population couverte par la CNOPS se situe à 3,2 millions de personnes bénéficiaires des prestations du régime, répartie comme suit :
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Population couverte par la CNOPS (septembre 2008)
|  | Régime Facultatif | Adhésions AMO | Total |
| Actifs | 773Â 753 | 139Â 000 | 912Â 753 |
| Retraités | 148 359 | 110 000 | 258 359 |
| Assurés | 922 112 | 249 000 | 1 171 112 |
| Ayant droit | 1Â 577Â 888 | 451Â 000 | 2Â 028Â 888 |
| Total bénéficiaires | 2 500 000 | 700 000 | 3 200 000 |
 Quant à la CNSS, elle assure la couverture médicale pour la première fois d’une population estimée à 2,13 millions de personnes, réparties comme suit :
Population couverte par la CNSS (septembre 2008)
|  | Actifs | Pensionnés | Total |
| Assurés | 703 365 | 182 631 | 885 996 |
| Ayants droit | 1Â 001Â 830 | 244Â 769 | 1Â 246Â 599 |
| Total bénéficiaires | 1 705 195 | 427 400 | 2 132 595 |
Le RAMED constitue la seconde composante du système de couverture médicale de base prévu par la loi 65-00. Ce régime bénéficie aux personnes démunies non couvertes par un régime d'assurance maladie. Son financement est assuré principalement par l'Etat et les collectivités locales ainsi que par une contribution annuelle des bénéficiaires éligibles à une prise en charge partielle.
Il devra couvrir, selon la dernière étude actuarielle, une population de 8,5 millions dont 4,5 millions en situation de vulnérabilité et 4 millions en situation de pauvreté
Le RAMED a été lancé en novembre 2008 au niveau de la région de Tadla-Azilal en tant que zone pilote. La généralisation progressive à toutes les régions du Maroc est prévue à partir de 2010.
Au niveau de la région de Tadla-Azilal, la population éligible au RAMED a été estimée à 420.000 personnes, soit 152.000 éligibles à titre absolu et 268.000 éligibles à titre relatif. A cette population, s’ajoutent les éligibles de droit.
INAYA est le régime médical destiné aux indépendants qui ne sont couverts ni par l’AMO, ni par le RAMED. La population potentiellement couverte par ce système est de 10 à 13 millions de citoyens, soit près de 30 % de la population marocaine.
INAYA est un contrat d’assurance vendu par des compagnies d’assurance privées ou des mutuelles, qui s’engagent à accepter tout demandeur quelque soit sa situation de santé antérieure et à ne pas modifier le contenu du contrat pendant 3 années. Le prix est établi sur une base forfaitaire et augmente en fonction de l’étendue des prestations couvertes. 3 formules existent : Chifaa assassi, Chifaa moutakamil et Chifaa chamil.
Dans l’objectif d’accélérer la mise en place de ce régime, deux lois ont été adoptées et promulguées en 2007 : la loi n° 03-07 portant obligation de souscrire à une assurance maladie à « certaines catégories de professionnels du secteur privé » ; la loi n° 04-07 autorisant le recours au microcrédit pour le financement de contrats d’assurance, ouvrant ainsi la possibilité aux personnes pauvres de recourir à des prêts pour financer INAYA.
A fin novembre 2008, le nombre de personnes ayant souscrit à ce régime d'assurance a atteint près de 6.730 personnes. Les souscriptions sont effectuées, dans la majorité des cas, à titre individuel, et ne concernent qu’une population âgée et caractérisée par une forte consommation des services de santé.
Durant la décennie passée, le Maroc a mis en service plus de 562 établissements de Soins de Santé de Base (ESSB), ramenant ainsi la proportion de la population située au-delà de 10 km d’un ESSB de 34 % à 25 %.
Le ratio habitants par établissement de Soins de Santé de Base (Habitants/ESSB) a ainsi évolué de 13.516 à 12.034 habitants par ESSB entre 1998 et 2007, enregistrant une évolution positive de 11%. Cette évolution est plus marquée en milieu rural (18%) qu’en milieu urbain (1%).
Le renforcement de l’encadrement de la population par des médecins a enregistré une évolution significative durant la dernière décennie. En effet, le nombre de médecins exerçant dans les deux secteurs, public et privé, est passé de 12.081 en 1998 à 18.269 en 2007 enregistrant un taux d’accroissement de 51% ; ce taux est de 70% pour les médecins exerçant dans le secteur public dont le nombre a dépassé les 10.000 en 2007.
Par ailleurs, trois nouvelles facultés de médecine et de pharmacie ont été créées à Fès, Marrakech et Oujda. A l’horizon 2020, 3.300 médecins seront formés chaque année afin de doubler la densité médicale au Maroc.
Durant la dernière décennie, 23 hôpitaux publics ont été mis en service, ce qui représente une augmentation de 10% de la capacité d’accueil hospitalière. De même, la médecine universitaire s’est enrichie par l’ouverture du pôle de la santé de la mère et de l’enfant à Marrakech. Les travaux pour la construction de CHU sont en cours à Oujda, Marrakech et Fès.
La dotation en équipements lourds s’est amélioré tant sur le plan quantitatif que qualitatif : le nombre des IRM a doublé durant cette période passant de 8 à 16 unités ; celui des scanners est passé de 82 à 125, soit une augmentation de 52%. Les moyens de prise en charge de l’insuffisance rénale terminale ont été renforcés par l’acquisition de 250 générateurs.
Pour répondre à des besoins spécifiques exprimés par la population, notamment celle qui souffre d’affections lourdes et coûteuses (ALC) ou de longue durée (ALD), des pôles d’excellence ont été constitués.
Les activités de greffe rénale ont bénéficié de la création d’un nouveau centre à Rabat et de la modernisation du centre de Casablanca. 110 transplantations rénales ont été réalisées ces dix dernières années, soit près des 2/3 des greffes réalisées dans notre pays.
Dans le même sens, deux centres de prise en charge des brûlés ont été créés à Casablanca et Meknès et trois nouveaux centres spécialisés en chirurgie cardiaque à Casablanca, Marrakech et Fès.
En partenariat avec l’Association Lalla Salma de Lutte Contre le Cancer, l’offre en oncologie s’est diversifiée : création de quatre nouveaux centres régionaux d’oncologie (Oujda, Agadir, Al Hoceima, Casablanca) ; mise en service à Rabat d’un centre de référence pour le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus; ouverture à Rabat d’un centre d’évaluation et de traitement de la douleur ainsi que d’un hôpital de jour de chimiothérapie.
L’amélioration de l’accessibilité financière aux médicaments demeure un objectif fondamental de la politique sanitaire nationale. Ans ce cadre, certains médicaments essentiels ont été défiscalisés et d’autres exonérés de TVA. Les droits de douane ont été réduits sur les médicaments de l’asthme, du diabète, du système cardiovasculaire, du SIDA, de l’hémodialyse, des vaccins et des médicaments dérivés du sang.
La loi 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie promulguée en novembre 2006 constitue une réforme majeure et structurante du secteur pharmaceutique. Elle a défini le médicament générique et libéralisé le capital pharmaceutique, ce qui aura pour conséquence de stimuler les investissements dans le secteur et de développer la production des génériques suite à l’essor de l’enregistrement enregistré ces dernières années.
Plus de 5.000 médicaments, couvrant l’ensemble de l’arsenal thérapeutique mondial, sont actuellement commercialisés au Maroc. L’industrie pharmaceutique locale est performante, de pointe et hautement normalisée, reconnue notamment par l’Organisation Mondiale de la Santé qui place le Maroc dans la zone Europe par rapport aux standards de qualité des médicaments. Grâce au niveau de contrôle exercé par le LNCM, le médicament fabriqué au Maroc jouit d’une réputation de qualité qui lui permet d’être exporté partout dans le monde.
Le système national de surveillance épidémiologique en vigueur a connu un développement soutenu ces dernières années, caractérisé par la mise en place de 16 observatoires régionaux d’épidémiologie et de 69 cellules provinciales d’épidémiologie. La quasi-totalité du personnel de ces structures de surveillance sont formés en épidémiologie d’intervention.
Ce système de surveillance a permis de réaliser des avancées considérables en matière de contrôle et de maîtrise des maladies transmissibles : élimination du choléra, de la poliomyélite, du tétanos néonatal, du paludisme autochtone, de la bilharziose, du trachome cécitant et de la lèpre; réduction de la morbidité et de la mortalité liées aux maladies épidémiques ; amélioration de la situation des ophtalmies transmissibles; réduction lente mais effective de la morbidité liée à la tuberculose…Un meilleur contrôle de la diphtérie de la coqueluche, de la rougeole et des autres maladies parasitaires est un acquis à consolider.
La lutte contre les maladies transmissibles a largement bénéficié des actions d’hygiène du milieu visant à maîtriser les déterminants environnementaux de la santé. Parmi les actions importantes réalisées, figurent la mise au point d’un nouveau cadre réglementaire pour le contrôle sanitaire des eaux de boisson, l’institutionnalisation de la Gestion Intégrée de la Lutte Anti-vectorielle et la réalisation du profil national de sécurité chimique en collaboration avec le département de l’Environnement.
En vue d’améliorer son système de santé et pour capitaliser sur ses acquis, le Maroc a mis en place une stratégie ambitieuse. En effet, la stratégie 2008-2012 vise à assurer l'équité de l'offre des soins entre les régions et entre le milieu urbain et rural et à faciliter l'accès aux soins pour les plus démunis et surtout pour la population rurale. Elle a pour objectif de rendre au citoyen la confiance dans le système de santé par l'amélioration de l'accueil, l'information, les urgences, la propreté et la disponibilité des médicaments ainsi que par la réduction du coût des soins de santé et des médicaments.
Elle a, aussi pour but, de moraliser le secteur de la santé, renforcer la veille et la sécurité sanitaire, réduire la part supportée par les ménages dans le financement de la santé à moins de 25% à l'horizon 2015 et prendre totalement en charge les affections de longue durée.
Cette stratégie prévoit d'autre part de réduire le taux de mortalité maternelle à 50 décès pour 100.000 et celui de la mortalité infantile à 15 décès pour 1.000 à l'horizon 2012, et de disposer d'un service public de santé compétitif et performant (taux d'hospitalisation à 5% de la population à l'horizon 2012).
Cette stratégie s'articule autour de quatre axes qui portent sur le repositionnement stratégique des différents intervenants dans le système de santé au Maroc par notamment la création de plusieurs organismes publics autonomes de gestion des infrastructures hospitalières avec l'introduction d'un système de péréquation verticale ou horizontale leur permettant un équilibre financier tout en s'acquittant de leur mission de service public et des exigences de la solidarité nationale ce qui implique un recentrage du rôle du ministère de la santé sur les activités de régulation, de planification, de contrôle et de veille sanitaire.
Ce repositionnement exige aussi l'établissement d'un partenariat stratégique avec le secteur privé basé sur l'approche participative et un autre avec les ONG qui tient compte de leur dynamisme et de leur force de proposition.
Le deuxième axe porte sur une mise à la disposition du citoyen d'une offre de soins accessible suffisante en quantité, de qualité et équitablement répartie sur l'ensemble du territoire à travers la mise à niveau des hôpitaux, la mise en place d'une politique concertée des médicaments, une coordination efficace et systématique entre l'ensemble des institutions sanitaires, la mise en place de la carte sanitaire, une politique de ressources humaines basée sur le renforcement et le développement des compétences et la mise en place du régime d'assistance médicale (Ramed) et sa généralisation.
Le troisième axe porte sur l'introduction de la planification stratégique à moyen et longs termes par la mise en place de plans nationaux spécifiques et ciblés, alors que le dernier axe repose sur la prévention, la sécurité et la veille sanitaire.
L'élaboration de cette stratégie a pris en considération les principaux acquis du système de santé marocain (l'offre de soins, ressources humaines, le financement, les produits de santé et la sécurité sanitaire) et ses points à améliorer pour une équité de l’offre des soins au profit de tous les citoyens dans toutes les régions du pays.
Il devra couvrir, selon la dernière étude actuarielle, une population de 8,5 millions dont 4,5 millions en situation de vulnérabilité et 4 millions en situation de pauvreté
Le RAMED a été lancé en novembre 2008 au niveau de la région de Tadla-Azilal en tant que zone pilote. La généralisation progressive à toutes les régions du Maroc est prévue à partir de 2010.
Au niveau de la région de Tadla-Azilal, la population éligible au RAMED a été estimée à 420.000 personnes, soit 152.000 éligibles à titre absolu et 268.000 éligibles à titre relatif. A cette population, s’ajoutent les éligibles de droit.
INAYA est le régime médical destiné aux indépendants qui ne sont couverts ni par l’AMO, ni par le RAMED. La population potentiellement couverte par ce système est de 10 à 13 millions de citoyens, soit près de 30 % de la population marocaine.
INAYA est un contrat d’assurance vendu par des compagnies d’assurance privées ou des mutuelles, qui s’engagent à accepter tout demandeur quelque soit sa situation de santé antérieure et à ne pas modifier le contenu du contrat pendant 3 années. Le prix est établi sur une base forfaitaire et augmente en fonction de l’étendue des prestations couvertes. 3 formules existent : Chifaa assassi, Chifaa moutakamil et Chifaa chamil.
Dans l’objectif d’accélérer la mise en place de ce régime, deux lois ont été adoptées et promulguées en 2007 : la loi n° 03-07 portant obligation de souscrire à une assurance maladie à « certaines catégories de professionnels du secteur privé » ; la loi n° 04-07 autorisant le recours au microcrédit pour le financement de contrats d’assurance, ouvrant ainsi la possibilité aux personnes pauvres de recourir à des prêts pour financer INAYA.
A fin novembre 2008, le nombre de personnes ayant souscrit à ce régime d'assurance a atteint près de 6.730 personnes. Les souscriptions sont effectuées, dans la majorité des cas, à titre individuel, et ne concernent qu’une population âgée et caractérisée par une forte consommation des services de santé.
Durant la décennie passée, le Maroc a mis en service plus de 562 établissements de Soins de Santé de Base (ESSB), ramenant ainsi la proportion de la population située au-delà de 10 km d’un ESSB de 34 % à 25 %.
Le ratio habitants par établissement de Soins de Santé de Base (Habitants/ESSB) a ainsi évolué de 13.516 à 12.034 habitants par ESSB entre 1998 et 2007, enregistrant une évolution positive de 11%. Cette évolution est plus marquée en milieu rural (18%) qu’en milieu urbain (1%).
Le renforcement de l’encadrement de la population par des médecins a enregistré une évolution significative durant la dernière décennie. En effet, le nombre de médecins exerçant dans les deux secteurs, public et privé, est passé de 12.081 en 1998 à 18.269 en 2007 enregistrant un taux d’accroissement de 51% ; ce taux est de 70% pour les médecins exerçant dans le secteur public dont le nombre a dépassé les 10.000 en 2007.
Par ailleurs, trois nouvelles facultés de médecine et de pharmacie ont été créées à Fès, Marrakech et Oujda. A l’horizon 2020, 3.300 médecins seront formés chaque année afin de doubler la densité médicale au Maroc.
Durant la dernière décennie, 23 hôpitaux publics ont été mis en service, ce qui représente une augmentation de 10% de la capacité d’accueil hospitalière. De même, la médecine universitaire s’est enrichie par l’ouverture du pôle de la santé de la mère et de l’enfant à Marrakech. Les travaux pour la construction de CHU sont en cours à Oujda, Marrakech et Fès.
La dotation en équipements lourds s’est amélioré tant sur le plan quantitatif que qualitatif : le nombre des IRM a doublé durant cette période passant de 8 à 16 unités ; celui des scanners est passé de 82 à 125, soit une augmentation de 52%. Les moyens de prise en charge de l’insuffisance rénale terminale ont été renforcés par l’acquisition de 250 générateurs.
Pour répondre à des besoins spécifiques exprimés par la population, notamment celle qui souffre d’affections lourdes et coûteuses (ALC) ou de longue durée (ALD), des pôles d’excellence ont été constitués.
Les activités de greffe rénale ont bénéficié de la création d’un nouveau centre à Rabat et de la modernisation du centre de Casablanca. 110 transplantations rénales ont été réalisées ces dix dernières années, soit près des 2/3 des greffes réalisées dans notre pays.
Dans le même sens, deux centres de prise en charge des brûlés ont été créés à Casablanca et Meknès et trois nouveaux centres spécialisés en chirurgie cardiaque à Casablanca, Marrakech et Fès.
En partenariat avec l’Association Lalla Salma de Lutte Contre le Cancer, l’offre en oncologie s’est diversifiée : création de quatre nouveaux centres régionaux d’oncologie (Oujda, Agadir, Al Hoceima, Casablanca) ; mise en service à Rabat d’un centre de référence pour le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus; ouverture à Rabat d’un centre d’évaluation et de traitement de la douleur ainsi que d’un hôpital de jour de chimiothérapie.
L’amélioration de l’accessibilité financière aux médicaments demeure un objectif fondamental de la politique sanitaire nationale. Ans ce cadre, certains médicaments essentiels ont été défiscalisés et d’autres exonérés de TVA. Les droits de douane ont été réduits sur les médicaments de l’asthme, du diabète, du système cardiovasculaire, du SIDA, de l’hémodialyse, des vaccins et des médicaments dérivés du sang.
La loi 17-04 portant code du médicament et de la pharmacie promulguée en novembre 2006 constitue une réforme majeure et structurante du secteur pharmaceutique. Elle a défini le médicament générique et libéralisé le capital pharmaceutique, ce qui aura pour conséquence de stimuler les investissements dans le secteur et de développer la production des génériques suite à l’essor de l’enregistrement enregistré ces dernières années.
Plus de 5.000 médicaments, couvrant l’ensemble de l’arsenal thérapeutique mondial, sont actuellement commercialisés au Maroc. L’industrie pharmaceutique locale est performante, de pointe et hautement normalisée, reconnue notamment par l’Organisation Mondiale de la Santé qui place le Maroc dans la zone Europe par rapport aux standards de qualité des médicaments. Grâce au niveau de contrôle exercé par le LNCM, le médicament fabriqué au Maroc jouit d’une réputation de qualité qui lui permet d’être exporté partout dans le monde.
Le système national de surveillance épidémiologique en vigueur a connu un développement soutenu ces dernières années, caractérisé par la mise en place de 16 observatoires régionaux d’épidémiologie et de 69 cellules provinciales d’épidémiologie. La quasi-totalité du personnel de ces structures de surveillance sont formés en épidémiologie d’intervention.
Ce système de surveillance a permis de réaliser des avancées considérables en matière de contrôle et de maîtrise des maladies transmissibles : élimination du choléra, de la poliomyélite, du tétanos néonatal, du paludisme autochtone, de la bilharziose, du trachome cécitant et de la lèpre; réduction de la morbidité et de la mortalité liées aux maladies épidémiques ; amélioration de la situation des ophtalmies transmissibles; réduction lente mais effective de la morbidité liée à la tuberculose…Un meilleur contrôle de la diphtérie de la coqueluche, de la rougeole et des autres maladies parasitaires est un acquis à consolider.
La lutte contre les maladies transmissibles a largement bénéficié des actions d’hygiène du milieu visant à maîtriser les déterminants environnementaux de la santé. Parmi les actions importantes réalisées, figurent la mise au point d’un nouveau cadre réglementaire pour le contrôle sanitaire des eaux de boisson, l’institutionnalisation de la Gestion Intégrée de la Lutte Anti-vectorielle et la réalisation du profil national de sécurité chimique en collaboration avec le département de l’Environnement.
En vue d’améliorer son système de santé et pour capitaliser sur ses acquis, le Maroc a mis en place une stratégie ambitieuse. En effet, la stratégie 2008-2012 vise à assurer l'équité de l'offre des soins entre les régions et entre le milieu urbain et rural et à faciliter l'accès aux soins pour les plus démunis et surtout pour la population rurale. Elle a pour objectif de rendre au citoyen la confiance dans le système de santé par l'amélioration de l'accueil, l'information, les urgences, la propreté et la disponibilité des médicaments ainsi que par la réduction du coût des soins de santé et des médicaments.
Elle a, aussi pour but, de moraliser le secteur de la santé, renforcer la veille et la sécurité sanitaire, réduire la part supportée par les ménages dans le financement de la santé à moins de 25% à l'horizon 2015 et prendre totalement en charge les affections de longue durée.
Cette stratégie prévoit d'autre part de réduire le taux de mortalité maternelle à 50 décès pour 100.000 et celui de la mortalité infantile à 15 décès pour 1.000 à l'horizon 2012, et de disposer d'un service public de santé compétitif et performant (taux d'hospitalisation à 5% de la population à l'horizon 2012).
Cette stratégie s'articule autour de quatre axes qui portent sur le repositionnement stratégique des différents intervenants dans le système de santé au Maroc par notamment la création de plusieurs organismes publics autonomes de gestion des infrastructures hospitalières avec l'introduction d'un système de péréquation verticale ou horizontale leur permettant un équilibre financier tout en s'acquittant de leur mission de service public et des exigences de la solidarité nationale ce qui implique un recentrage du rôle du ministère de la santé sur les activités de régulation, de planification, de contrôle et de veille sanitaire.
Ce repositionnement exige aussi l'établissement d'un partenariat stratégique avec le secteur privé basé sur l'approche participative et un autre avec les ONG qui tient compte de leur dynamisme et de leur force de proposition.
Le deuxième axe porte sur une mise à la disposition du citoyen d'une offre de soins accessible suffisante en quantité, de qualité et équitablement répartie sur l'ensemble du territoire à travers la mise à niveau des hôpitaux, la mise en place d'une politique concertée des médicaments, une coordination efficace et systématique entre l'ensemble des institutions sanitaires, la mise en place de la carte sanitaire, une politique de ressources humaines basée sur le renforcement et le développement des compétences et la mise en place du régime d'assistance médicale (Ramed) et sa généralisation.
Le troisième axe porte sur l'introduction de la planification stratégique à moyen et longs termes par la mise en place de plans nationaux spécifiques et ciblés, alors que le dernier axe repose sur la prévention, la sécurité et la veille sanitaire.
L'élaboration de cette stratégie a pris en considération les principaux acquis du système de santé marocain (l'offre de soins, ressources humaines, le financement, les produits de santé et la sécurité sanitaire) et ses points à améliorer pour une équité de l’offre des soins au profit de tous les citoyens dans toutes les régions du pays.

