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Vers une gestion intégrée de l’eau

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Vers une gestion intégrée de l’eau
Durant la décennie passée, le Maroc a capitalisé une grande expérience dans le domaine de la gestion des ressources en eau.
Il a adopté une approche globale pour la bonne gouvernance de ce secteur stratégique, en faisant preuve de clairvoyance et de perspicacité. Il est considéré par les experts comme un pays exemplaire en la matière. 
C’est ce que vient de confirmer le président du Conseil Mondial de l'Eau (CME), M. Loïc Fauchon qui trouve que «le Maroc reste un exemple pour la communauté internationale de l'eau ».
En effet, tout le monde s’accorde à dire que l'expérience marocaine reste riche et importante dans le domaine de la gestion des ressources hydriques ; la politique des barrages, la mise en place des infrastructures hydrauliques, la gestion des bassins versants et le développement des compétences des différents acteurs marocains intervenant dans la gestion de l’eau, etc. sont autant d’actions initiées par le Maroc qui témoignent de l’intérêt accordé à ce secteur stratégique sous le règne du chef de l’Etat qui l’a inscrit dans les priorités du développement socio-économique du pays.Ainsi et conformément aux  orientations définies par Sa Majesté le Roi Mohamed VI le 21 juin 2001, le Maroc a mis en œuvre une stratégie ambitieuse pour la gestion de l’eau en veillant à la régulation de la demande et à l’anticipation des besoins et des aléas climatiques. Il s’est basé pour cela sur une nouvelle démarche fondée sur une gestion intégrée et durable de l’eau.
Afin d’encourager les exploitations agricoles à économiser l’eau, le Fonds de Développement Agricole (FDA) a d’une part, relevé de 17% à 60% le taux des subventions accordées aux agriculteurs réalisant des projets d’irrigation économes en eau et d’autre part, simplifié les procédures d’octroi par l’instauration d’un guichet unique au niveau des structures locales du Département de l’Agriculture.
Grâce à ce renforcement des mesures incitatives, les superficies équipées en systèmes d’irrigation localisée sont passées de 62,7 milles ha en 1998 à près de 163 milles ha en 2008, soit une superficie additionnelle de 100 milles ha. Le montant global des incitations financières à l’économie d’eau distribuées par l’Etat aux agriculteurs durant cette période s’élève à 1,858 milliard de dirhams.
En plus de ces réalisations et dans l’objectif d’accélérer la cadence d’équipement en techniques d’irrigation localisée, un programme ambitieux, dénommé Programme National d’Economie d’Eau en Irrigation (PNEEI) a été mis en œuvre à partir de 2008. Il vise à convertir des systèmes d’irrigation de surface en systèmes d’irrigation, sur une superficie de  555 milles ha. Le coût total du PNEEI s’élève à 37 milliards de DH.
La réalisation du PNEEI portera la superficie en irrigation localisée à 50% de la superficie équipée totale et permettra une valorisation de plus de 1 milliard de m3/an supplémentaire.
Par ailleurs, en préparation d’une réforme institutionnelle de la grande irrigation visant la durabilité des infrastructures collectives et l’efficacité dans la gestion du service de l’eau, un projet pionnier de partenariat public-privé pour la gestion déléguée du service de l’eau a été réalisé pour la sauvegarde du périmètre agrumicole d’El Guerdane d’une superficie de 10.000 ha dans la région du Souss-Massa.  Des études sont en cours pour l’extension de ce mode de gestion à d’autres périmètres de grande irrigation, notamment ceux de Doukkala,  du Tadla et du Loukkos.
La mise en œuvre du Programme d’Approvisionnement Groupé en Eau potable des populations Rurales (PAGER) s’est accélérée durant les dix dernières années : le montant annuel des investissements a été multiplié par un facteur de 7,8, passant de 140 MDH en 1999 à 1.090 MDH en 2007.
Le taux d’accès en milieu rural a ainsi pu  être porté de 38% en 1999 à 85% à fin 2007.
 
Source : ONEP 
La population additionnelle desservie en eau potable est de 6,5 millions d’habitants.
S’agissant du mode desserte, sur les 11,4 millions d’habitants, qui ont accès à l’eau potable en milieu rural, 67% sont desservis par bornes fontaines et 33% par branchements individuels. Toutefois, la tendance actuelle est au branchement à domicile, ce qui contribue à améliorer davantage la qualité de vie des populations et le service de distribution. Les actions futures porteront essentiellement sur la desserte des zones rurales enclavées et éloignées et sur l’aménagement de branchements directs.
La préservation des ressources englobe deux volets, d’une part la protection de la réserve en eaux souterraines, en tant que réservoir stratégique d’appoint d’extrême recours, et d’autre part l’assainissement et la réutilisation des eaux usées.
Pour le premier volet, les solutions mises en œuvre ont consisté en  la réduction de la surexploitation des nappes phréatiques, la prospection des nappes profondes, la recharge artificielle couplée à  une gestion conjointe des eaux de surface et souterraines.
Cette dernière solution doit s’inscrire dans la durée, eu égard à l’état avancé de surexploitation des nappes. Elle est actuellement testée sur projets pilotes à Foum el Oued, Berrechid et dans le Haouz. Ces projets permettront de généraliser ces techniques à une vingtaine de nappes recensées à travers le pays dans le cadre d’une démarche participative similaire à celle adoptée pour le PAGER.
Pour remédier au retard pris dans le domaine de l’assainissement, un Programme National d’Assainissement Liquide et d'épuration des eaux usées (PNA) a été lancé conjointement par le Département de l'Environnement et le Ministère de l’Intérieur pour la période 2005-2030, avec un coût global de l’ordre de 80 milliards de Dirhams.
Ses objectifs consistent à atteindre un taux de raccordement global au réseau d’assainissement de 80 % en 2020 et 90% en milieu urbain à l’horizon 2030, rabattre la pollution domestique de 80% en 2020 et 90% en 2030 et traiter 100% des eaux usées collectées en 2030 et les réutiliser de manière efficiente et rentable.
Le PNA concerne 260 villes et centres urbains totalisant une population de plus de 10 millions d’habitants. Il comprend l’extension et la réhabilitation des réseaux, la construction de stations d’épuration des eaux usées. Dès 2009, la composante du traitement tertiaire a été généralisée de manière à assurer une meilleure valorisation des eaux traitées. Depuis son lancement, 80 villes et centres ont lancé des projets d’assainissement.
D’un autre côté, afin de protéger les retenues de l’envasement, le programme national d’aménagement des bassins versants à l’amont des barrages de concert avec le Haut Commissariat des Eaux et Forêts et de la Lutte contre la Désertification prévoit l’aménagement et le traitement de 8 bassins, sur les 22 identifiés comme prioritaires, totalisant une superficie globale de près de 2.4 millions d’hectares, et ce entre 2004 et 2011.
L’effort de mobilisation des eaux de surface s’est poursuivi au cours de cette décennie. 50 grands, moyens et petits barrages ont été réalisés ; 14 sont en cours d’achèvement.
Entre 1999 et 2008, la capacité de stockage est passée de 15 milliards de mètres cubes à plus de 17 milliards et le volume total des eaux de surface régularisées de 9,5 milliards à 10,3 milliards de mètres cubes.
Par ailleurs, l’action d’amélioration de l’utilisation des eaux des petits barrages, existants mais non ou mal exploités, a été généralisée.
Dans le domaine de la protection des populations, des biens et des équipements contre le risque naturel des inondations, le Maroc a changé radicalement d’approche : d’une simple participation à une prise d’initiative pour protéger les zones touchées par les inondations. Il a ainsi élaboré le Plan National de Protection contre les Inondations (PNI). L’objectif est de protéger d’ici 2020 les 391 sites identifiés, les 50  sites prioritaires l’étant à présent :

Région hydraulique

Nombre de sites inventoriés

Nombre de sites

classés prioritaires

Souss-Massa-Draa

99

8

Moulouya

62

5

Oum Er Rbia

59

4

Sebou

52

11

Tensift

50

7

Loukkos

40

6

Ziz-Guir-Rheris

16

3

Bouregreg

13

6

TOTAL

391

50

Les mesures de protection sont à la fois physiques (réalisation d’ouvrages de protection, calibrage et l’entretien des lits des cours d’eau, systèmes de lutte contre l’érosion..) mais également préventives, réglementaires, organisationnelles et de sensibilisation.
Force de souligner que le Maroc a réussi à répondre à une demande de plus en plus accrue en eau, en renforçant l’offre par une mobilisation croissante des ressources, garantissant ainsi l’approvisionnement des villes et l’irrigation du million d’hectares.
Il poursuit ses efforts pour mobiliser toutes les ressources hydriques mobilisables en veillant à aller de l’avant dans la réalisation d’installations de stockage et à assurer, dans un souci de solidarité inter-régionale, le transfert des eaux à partir des bassins excédentaires vers les bassins déficitaires et l’équilibre entre l’offre et la demande.
Un exemple pour la communauté internationale de l’eau, le Maroc avance dans son bonhomme de chemin en optant pour une politique de l’eau qui s’appuie sur les réalisations et les succès du passé et vise particulièrement à relever les nouveaux défis du futur.
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